Shivering leaves and starry sky,
my love has left while here I sigh
with broken heart, and wave good-bye !
Oh breezes, swirl about his head,
Oh Nightingale, sing by his bed
and whisper gently I am dead !
From first night I saw him come,
my soul was his, and, stricken dumb,
laid pride aside as of no sum !
My eyes spoke volumes, I’ll admit,
I clung to him - things shook a bit, -
upon my hair his kiss was writ !
I shook, emotions all awry !
I know no longer how nor why
my lover he became, - I sigh !
I knew him not, yet no protest
I uttered, took him to my breast
When in my rooms his love confessed !
I said to him, ‘Thy love I’ll take
while love it stays’- make no mistake,
none else my dreams so deep could slake.
His passion, though, no tardy guest
turned out to be, he left, his quest
led Lord know’s where, - I have not guessed.
I will now separate from friend,
among spread lily-pads descend
let life beneath the ripples end.
With words of willow, water, weeds,
I’ll plight my pain, - each hern that heeds
will know ‘tis I who spreads the reeds.
While waiting, to the breeze I’ll rhyme
his name, and dreaming-bells shall chime
I waited once upon a time !
As if in golden grave-cloth gowned,
untidy tresses spread around
me while I’m water-logged and bound.
Joys cast will cast their light and lie
around my head, harsh Time defy.
Green logs wound round my legs nearby.
A trembling deep within my breast
will make me feel I am caressed
by he who, lost, was loved the best.
Let my last breath, as perfume pressed,
be born upon sweet Spring breeze blest
by love’s soft sighs, then laid to rest -
And like a magic butterfly
drawn to May’s roses, swiftly fly
to kiss my Love’s lips as I die !
Nocturne
Bois frissonnants, ciel étoilé,
Mon bien-aimé s’en est allé,
Emportant mon coeur désolé !
Vents, que vos plaintives rumeurs,
Que vos chants, rossignols charmeurs,
Aillent lui dire que je meurs !
Le premier soir qu’il vint ici
Mon âme fut à sa merci.
De fierté je n’eus plus de souci.
Mes regards étaient pleins d’aveux.
Il me prit dans ses bras nerveux
Et me baisa près des cheveux.
J’en eus un grand frémissement;
Et puis, je ne sais plus comment
Il est devenu mon amant.
Et, bien qu’il me fût inconnu,
Je l’ai pressé sur mon sein nu
Quand dans ma chambre il est venu.
Je lui disais: « Tu m’aimeras
Aussi longtemps que tu pourras ! »
Je ne dormais bien qu’en ses bras.
Mais lui, sentant son coeur éteint,
S’en est allé l’autre matin,
Sans moi, dans un pays lointain.
Puisque je n’ai plus mon ‘ami,
Je mourrai dans l’étang, parmi
Les fleurs, sous le flot endormi.
Au bruit du feuillage et des eaux,
Je dirai ma peine aux oiseaux
Et j’écarterai les roseaux.
Sur le bord arrêtée, au vent
Je dirai son nom, en rêvant
Que là je l’attendis souvent.
Et comme en un linceul doré,
Dans mes cheveux défaits, au gré
Du flot, je m’abandonnerai.
Les bonheurs passés verseront
Leur douce lueur sur mon front:
Et les joncs verts m’enlaceront.
Et mon sein croira, frémissant,
Sous l’enlacement caressant,
Subir l’étreinte de l’absent.
Que mon dernier souffle, emporté
Dans les parfums du vent d’été,
Soit un soupir de volupté !
Qu’il vole, papillon charmé
Par l’attrait des roses de mai,
Sur les lèvres du bien-aimé !
Charles CROS 1842_1888






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