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Dry Timber Blazes Bold
Here should the sage besotted, or the sot,
E’er read these lines and dare grey hairs to scold,
Love’s song swift snubbing just because I’m old, -
Even a cinder heap can keep heart hot !
New timber green, though blown, oft taketh not,
Easy all year dry timber blazes bold !
Lunar Diane ensilvered fleece does fold,
Aurora old Tithonus ne’er forgot !
My friend I shall not Plato imitate
Or pale become when Venus contemplate.
Unlike Icarus, Phaeton, - folly crowned -
Reader I’ll not their madness reinstate.
Judge ! why should I such conduct recreate,
Refuse I these, yet my heart breaks, hopes drown.
3 June 1989 –
Pierre de RONSARD 1524_1585 Sonnets pour Hélène
Soit qu’un sage amoureux, ou soit qu’un sot me lise
Soit qu’un sage amoureux, ou soit qu’un sot me lise
ll ne doit s’ébahir, voyant mon chef grison,
Si je chante d’Amour: toujours un vieux tison
cache un germe de feu dessous la cendre grise.
Le bois vert à grand’peine en le souflant s’attise,
le sec sans le soufler brûle en toute saison.
La lune se gaigna d’une blanche toison,
et son vieillard Tithon l’Aurore ne méprise.
Lecteur, je ne veux être écolier de Platon,
qui pour trop contempler, a toujours le teint blême,
ni volontaire Icare ou lourdaut Phaethon,
perdus pour attenter une sottise extrême,
mais sans me contrefaire ou voleur ou charton,
de mon gré je me noye, et me brûle moi-même.
Pierre de RONSARD 1524_1585 -
Sonnets pour Hélène: Book II I
Taking Leave
When leaving you, whose eyes subdue my state,
one night you cried out almost desperate:
"I love you, RONSARD ! ‘tis my star-cross’d fate,
the Gods war ‘gainst my wishes, what a weight !
‘Tis not your age that vexes, body, gait,
mellowing with Autumn at the gate,
where fades the bloom whose summer’s had its date, -
but only the unjust cruelty of Heaven’s hate.
With sight of you, heart reason did betray.
Could I forget ? Your memory gainsay ?
I could not, though I would - ah, lack-a-day !
Despite my will, does counter-force waylay.
Just as ‘tis said God did all good create,
will I with His just Will co-operate. »
22 September 1987 - 17 May 1989
Pierre de RONSARD 1524_1585
Sonnets pour Hélène Book II, xii
Prenant Congé de Vous
Prenant congé de vous, dont les yeux m’ont dompté,
Vous me distes un soir, comme passionnée:
« Je vous aime, RONSARD, par seule destinée;
Le Ciel à vous aimer force ma volonté,
Ce n’est pas votre corps, ce n’est votre beauté,
Ni votre âge, qui fuit vers l’automne inclinée.
Je cela s’est perdu comme une fleur fanée;
C’est seulement du Ciel l’injuste cruauté.
Vous voyant, ma raison ne s’est pas défendue,
Vous puissé-je oublier comme chose perdue.
Hélas ! je ne saurais, et je le voudrais bien.
Le voulant, je rencontre une force au contraire
Puisqu’on dit que le Ciel est cause de tout bien,
Je n’y veux resister, il le faut laisser faire. »
Pierre de RONSARD 1524_1585
Sonnets pour Hélène II xii
True Love is Absolute
True love is absolute, all compromise
condemns, shares not the heart it glorifies:
while friendship sighs, and fails, whene’er one tries
to split Eve’s apple any otherwise.
I love with all my soul ! Eternal ties
together knot twin spirits. Love defies
attempts at separation, Time denies.
Two halves as one love ever unifies.
Askance I shadows view with jealous eyes,
suspicious sighs in false friends recognize –
my spirit through itself identifies.
All other feelings passing whims disguise
as Love’s bright flame, light fancy which the wise
dismiss as smokescreen, childish pack of lies ...
15 November 1988
Pierre de RONSARD 1524_1585
Sonnets pour Hélène Book I, 56
Amour est sans milieu
Amour est sans milieu, c’est une chose extrème,
Qui ne veut (je le sais) de tiers ni de moitié;
Il ne faut point trancher en deux une amitié
Un est nombre parfait, imparfait le deuxième.
J’aime de tout mon coeur, je veux aussi qu’on m’aime:
Le désir, au désir d’un noeud ferme lié,
Par le temps ne s’oublie et n’est point oublié,
Il est pour toujours son tout, contenté de soi-même.
Mon ombre me fait peur, et jaloux, je ne puis
Avoir un compagnon, tant amoureux je suis,
Et tant je m’essencie en la personne aimée.
L’autre amitié resemble aux enfants sans raison:
C’est se feindre une flame, une vaine prison
Où le feu contrefait ne rend qu’une fumée.
RONSARD Pierre de 1524_1585 -
Sonnets pour Hélène Book I, 56
Love Holds the Key
Here Love, alone to my thoughts holds the key
Enfolding floodgates of Life’s mysteries,
Locking with self-same hand that binds and frees.
Each breath is Death, yet, dead, I live through thee.
Nor herbal remedy, drugs, alchemy,
Ease may obtain within Love’s skirmish frieze,
Life is distilled in droplet quantities
And without parley I must bend the knee.
Make me, sweet fowl, obtain the mastery
Of flight that from her sight I might with ease
Up, skywards soar, Love’s sparks and heart’s disease
Rise far above, eyes without mercy flee.
Just Heaven Beauty sells expensively,
Rich, which enjoyed, one must die frequently ...
14 May 1989 Pierre RONSARD Sonnets pour Hélène: II xx
Amour, qui tiens tout seul de mes pensées la clef
Amour, qui tiens tout seul de mes pensées la clef
Qui ouvres de mon coeur les portes et les serres,
Qui d’une mesme main ma gueris et m’enferres,
Qui me fais trépasser et vivre derechef.
Tu distilles ma vie en si pauvre mechet,
Qu’herbes, drogues, ny jus, ny puissance de pierres,
Ne pourroient m’alleger, tant d’amoureuses guerres
Sans trêves tu me fais, du pied jusques au chef.
Oiseau comme tu es, fais-moi naistre des ailes,
Afin de m’envoler pour jamais ne la voir :
En volant je perdrais les chaudes estincelles
Que ses yeux sans pitié me firent concevoir.
Dieu nous vend chèrement les choses qui sont belles,
Puis qu’il faut tant de fois mourir pour les avoir.
RONSARD Pierre de 1524_1585
Sonnets pour Hélène: II xx
How could another lantern light my heart ?
How could another lantern light my heart
Excepting your sweet eyes where love calls out ? -
Love which for most my life I’ve done without !
Each day I’d change my mistress, swiftly dart,
Now here, now there, where fortune’s smile would start.
Enlaced in no tight net, all st(r)ings I’d flout,
Lest liberty I’d lose, without a doubt
Avoiding homage to one maid apart.
My battle now is lost, but courage take
On knowing that your eyes alone could make
Useless a struggle stiff as siege of Troy.
Remember, godlike Love rash pride will break.
Judge ! - Lion mercy shows, meek won’t forsake,
Raised mountains lightning shakes, won’t grass destroy.
25 May 1989 Pierre RONSARD -
Sonnets pour Hélène: Book I XXXVIII
D’autre torche mon coeur ne pouvait s’allumer
D’autre torche mon coeur ne pouvait s’allumer
sinon de tes beaux yeux, où l’Amour me convie.
J’avais déjà passé le meilleur de ma vie
tout franc de passion, fuyant le nom de désir.
Je voudrais maintenant cette dame estimer,
et maintenant cette autre, où me portait l’envie;
sans rendre ma franchise à quelqu’une asservie,
rusé je ne voulais dans les rets m’enfermer.
Maintenant je suis pris, et si je prends à gloire
d’avoir perdu le camp, frustré de la victoire,
ton oeil vaut un combat de dix ans d’Ilion.
Amour, comme étant dieu, n’aime pas les superbes,
sois douce à qui te prie, imitant le lion.
La foudre abat les monts, non les petites herbes.
Pierre de RONSARD 1524_1585 -
Sonnets pour Hélène: Book I XXXVIII
From Vein to Vein
Heed how from vein to vein sweep sudden fires,
Each vessel bubbles, blood boils, cares increase !
Let April witness loss of liberties
Exiled while Aphrodite’s month suspires.
Newborn pain pangs strike as April expires,
Entrapping Destiny in life-line’s crease.
Love, soul seducing, far, wide blows its breeze,
As vainly aid I seek, who help require.
Must I surrender ? Yet the poet’s lyre
Oath swears that other friends are heresies, -
Use never has a love-torn heart for these,
Rival or King no lover e’er desires.
Just as you here win an immortal fame
Rewards unjust are, for my pleas fall lame !
14 May 1989
Pierre de RONSARD 1524_1585
Sonnets pour Hélène: Book I LV
Je Sens de Veine en Veine une Chaleur Nouvelle
Je sens de veine en veine une chaleur nouvelle
Qui me trouble le sang, et m’augmente les soins.
Adieu ma liberté, j’en appelle à témoin
Ce mois qui du beau nom d’Aphrodite s’appelle.
Comme les jours d’Avril mon mal se renouvelle :
Amour, qui tient mon astre et ma vie dans son poing,
M’a tant séduit l’esprit que de près ou de loin
Toujours à mon secours en vain je vous appelle.
Je veux rendre la place, en jurant votre nom
Que le premier article, avant que je la rende,
C’est qu’un coeur amoureux ne veut de compagnon.
L’Amant non plus qu’un Roi de rival ne demande.
Vous aurez en mes vers un immortel renom :
Pour n’avoir rien de vous, la récompense est grande.
Pierre RONSARD Sonnets pour Hélène: Book I LV
Lovesick
Help ! Lovesick I am struck, ‘tis plain, I’m taken ill,
E’en hot and cold I blow, now hot and cold again.
Lift swift harsh aches which through my poor heart’s pores here swill,
End pains as frequent as has pomegranate grain.
Neat eyes which from the first did ambush, reign instill,
Extinguish my love’s flame and dry my briny rain.
Live must I, yet cannot, for Death all force does drain
As strong as life is, nought cures your regard, your will.
My Dear, believe me that for you I die, lie still,
Out sinew, nerve ! Vain vein ! No pulse does here remain !
Unless from you they bloom wild fever wracks the brain !
Real love symbolic is, as pomegranate’s spill -
Jointly their seeds sufficient strength retain,
Rhyme, reason elsewhere you would seek in vain !
11 September 1987 - 15 May 1989 - 26 September 1997
Je suis pour votre Amour diversement Malade
Je suis pour votre Amour diversement Malade
maintenant plein de froid, maintenant de chaleur;
dedans le coeur pour vous autant j’ai de doleurs
comme il y a de grains dedans votre grenade.
Yeux qui fistes sur moi la première embuscade,
désattisez ma flamme et désechez mes pleurs.
Il faut, vous me le pouvez, car le mal dont je meurs
est si grand qu’il ne peut se guérir d’une oeillade.
Ma dame, croyez-moi, je trépasse pour vous,
Je n’ai ni artère, nerf, tendon, veine ni pouls
qui ne sente d’amour la fièvre continue.
L’amour a la grenade en symbole était joint.
Ses grains en ont encore la force retenue,
que de signe et d’effet vous ne connaissez point.
Pierre de RONSARD -
Sonnets pour Hélène: Book I xxxv
____________
I See a Thousand Beauties
Here see I thousand beauties, yet none please,
Each freezes soul, none else my fancy frees.
Love, just your glance my senses can appease.
Enthralled - you’re all - Fate, Fortune Destinies.
New Love and Venus, God’s gift, His mercies,
Encleansing mind’s perverted fantasies.
Love, your virtues enflame my arteries
And send me soaring o’er the moon with ease.
My eye - save your eyes - nought consumes nor sees,
Others flicker, anger, and displease,
Used as it is to live by thy decrees,
Responding to unique, soft qualities.
Justice show, though I sin, starved for thee,
Remember the reason, - ‘tis Necessity !
14 September 1997
Pierre RONSARD - Sonnets pour Hélène: Book II XLIX
Je Vois Mille Beautés
Je vois mille beautés, et si n’en vois pas une
qui contente mes yeux, seule vous me plaisez.
Seule, quand je vous vois, mes sens vous appaisez.
Vous êtes mon destin, mon ciel et ma fortune.
Ma Vénus, mon Amour, ma charité, ma brune,
qui tous bas pensements de l’esprit me rasez,
et de hautes vertus l’estomac m’embrasez,
me soulevant de terre au cercle de la lune.
Mon oeil de vos regards goulument se repaist,
tout ce qui n’est pas vous lui fache et lui déplaît,
tant il a par usance accoutumé de vivre
de votre unique, douce, agréable beauté.
S’il pêche contre vous, affamé de vous suivre,
ce n’est de son bon gré, c’est par necessité.
Pierre RONSARD - Sonnets pour Hélène: Book II XLIX
She’s Winter Everywhere
All warmth withheld, she’s winter everywhere,
cold-hearted, icy, frozen hard fore’er,
caring alone for my sweet muse’s air.
Am I so mad ? Why do I not despair ?
What if her titles spring from great forebear,
they’re prison bars which but her soul ensnare.
My locks, Mistress, aren’t so snowy, spare,
another sweetheart could succeed, your heir.
O Cupid child heed truth : of pride, beware !
Beauty thou art, yet not beyond compare.
although lost youth I can’t recall, my Fair,
this faithful heart to scorn thus, ‘tis unfair.
So love me now despite my frosty hair,
as I for you when old would always care.
22 September 1987
Puisqu’elle est Tout Hiver
Puisqu’elle est tout hiver, toute la même glace,
Toute neige et son coeur tout armé de glaçons,
Qui ne m’aime sinon pour avoir mes chansons,
Pourquoi suis-je si fol, que je ne m’en délace ?
De quoi me sert son nom, sa grandeur et sa race,
Que d’honnête servage et de belles prisons ?
Maîtresse, je n’ai pas les cheveux si grisons
Qu’une autre de bon coeur ne prenne votre place.
Amour, qui est enfant, ne cèle vérité;
Vous n’êtes si superbe, ou si riche en beauté,
Qu’il faille dédaigner un bon coeur qui vous aime.
Rentrer en mon avril desormais je ne puis;
Aimez-moi, s’il vous plaît grison comme je suis,
Et je vous aimerai quand vous serez de même.
Pierre RONSARD: Sonnets pour Hélène I 44
Toujours pour mon sujet il faut que je vous aye
Toujours pour mon sujet il faut que je vous aye
En peinture, pour voir vos deux astres jumeaux.
Vos yeux, mais deux soleils, qui m’esclairent si beaux
Qu’à trouver autre jour autre-part je n’essaye.
Le chant du rossignol m’est le chant d’une orfraye
Roses me sont chardons, torrens me sont ruisseaux.
La vigne mariée à l’entour des ormeaux,
Et le printemps sans vous m’est une dure playe.
Mon plaisir en ce mois c’est de voir les colombs
S’emboucher bec à bec de baisers doux et longs
Dès l’aube jusqu’au soir que le soleil me plonge.
O bien-heureux pigeons, vray germe cyprien
Vous avez par nature et par effet le bien
Que je n’ose espérer tant seulement en song.
Pierre RONSARD Sonnets pour Hélène : Book I xxxv
__________________
Hence, from Nursing Mother
Hence wrench Love, pest, from breast, and let him go
E’en to auction sale, take him, take him, take !
Leave him for passing merchant ne’er to grow,
Expel him from my sight for Heaven’s sake !
No price for such an urchin is too low,
Each tear attracts no bid to records break.
Leave off ! You hear his tears ! He’s heard me, so,
Anger past, find peace ‘spite my mistake.
My child I shall not sell you now, although
Over to Miss Hélène, her fond page to make, -
Unlike you’re not, like hair like eyes do glow,
Ressemblance perfect seems, a sly remake.
Joined both together grow, together play,
Repaid in time, my present pains allay.
24 September 1997 –
Pierre de Ronsard Sonnets pour Hélène
Qu’il me soit arraché des Tétins de sa Mère
Qu’il me soit arraché des tetins de sa mère,
ce jeune enfant Amour, et qu’il me soit vendu:
Il ne faut plus qu’il croisse; il m’a déjà perdu !
Vienne quelque marchand, je le mets à l’enchère.
D’un si mauvais garçon la vente n’est pas chère;
j’en ferai bon marché. Ah ! - j’ai trop attendu.
Mais voyez comme il pleure ! Il m’a bien entendu.
Appaise-toi mignon, j’ai passé ma colère.
Je ne te vendrai point; au contraire, je veux
pour gage t’envoyer à ma maîtresse Hélène,
qui toute te ressemble et des yeux, des cheveux.
Aussi fine que toi, de malice aussi pleine.
Comme enfants vous croîtrez et vous jouerez tous deux,
quand tu seras plus grand tu me payeras ma peine.
Pierre de RONSARD Sonnets pour Hélène: Book II LVIII



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